Je devais rentrer aujourd’hui, mais vu les évènements à Douala, le consulat de France m’a conseillé de ne pas me rendre à Douala. (Christian m’apprend qu’il y a eu des morts à Douala.)
Je suis donc leurs instructions. De mon coté, je regarde à passer par Yaoundé. Christian dit que c’est une bonne idée, par contre il ne veut pas prendre se voiture afin d’économiser l’essence. Il me propose d’y aller en car. Personnellement je ne suis pas trop chaud pour cette solution. Je lui proposes plutôt de trouver un autre chauffeur pour nous conduire (lui et moi) à la capital administrative. Cette solution semble bien lui convenir (par contre ça aura un coût.). Enfin d’ici là il faut que je contacts Air France.
Le numéro à Douala ne répond pas. Et dure de trouver le numéro de Yaoundé (2h00 au tel avant d’avoir un numéro qui répond). Finalement, j’arrive à les joindre. Il n’y a pas d’avions pour Paris depuis Yaoundé avant Jeudi. Mais, il m’informe que la situation semble se calmer. Je repousse donc mon billet d’une journée et ferais le point demain (mercredi), si sa reste calme et que le consulat ne me le déconseille pas je prendrais l’avions à Douala. Dans le cas contraire, je verrais la possibilité de me rendre à Yaoundé pour prendre l’avion Jeudi. (Je penses dans se cas voir avec le consulat pour organiser un petit convois si d’autre veulent prendre la même option que moi.)
Maintenant il ne me reste plus qu’à attendre.
Durant la soirée les stations service vont toutes fermée par pénurie d’essence. Durant la nuit alors que nous nous rendions à un restaurant avec George nous voyons des manifestant bloquer la route. Demi tour et retour à l’hôtel. Finalement, nous n’en bougerons plus. Des militaires passent et demande de fermer le restaurant de l’hôtel. Heureusement pour nous le patron accepte de nous servir dans nos chambres.
Mercredi :
Se matin tout est revenu dans le calme. Durant la nuit les militaires on calmé les manifestants en dialoguant avec eux. Malgré tout la gendarmerie patrouille dans Edéa et contrôle les points d’accès.
Ca c’est un peu calmé à Douala, mais il est toujours impossible de circuler. Je reprend contact au près du consulat. Ils me disent de surtout ne pas aller sur Douala. Je leur parle de me rendre sur Yaoundé, il me le déconseille fortement. Je reste donc à l’hôtel (sa tombe bien j’ai prévu de bon bouquins au quel je n’ai pas touché durant mon séjour.). Les informations que je récupère à gauche et à droite disent que sa chauffe sur Yaoundé (on parle d’escarmouche avec des armes à feu.).
A midi avec George, nous allons à la banque pour prendre des liquidités. Impossible de retirer plus de 100 000 FCFA et sous forme de billets de 5 000 FCFA. Cela devient inquiétant si nous nous retrouvons sans cash nous allons avoir de plus en plus de soucis.
En début d’après midi je contact à nouveau le consulat. De nouveau ils me conseil de ne pas voyage et de plus maintenant me conseil de sortir le moins possible. Durant l’après midi l’hôtel se retrouve sans eau courante (heureusement il reste les sceaux d’eau mais je n’ai pas du tout l’habitude de me laver comme sa !!)
En soirée, nous apprenons que le président va faire une intervention télévisée. Tout le monde espère fortement qu’il va avoir un discours apaisant.
Lors de son intervention, le président parle « d’apprentis sorciers » qui manipulent les jeunes pour les pousser à la violence. Il dénonce les pillages. Il clame haut et fort que ce n’est pas la rue qui doit renverser un pouvoir conquit par les urnes.
(En effet l’année dernière durant mon séjour au Cameroun, il y a eu une élection que le président actuel a remporté haut la main. Mais d’un autre coté il n’avait aucun opposant en face de lui. Enfin si mais jamais je n’ai entendu ses opposants à la télé ni vue de tract où banderoles. Alors que le pouvoir en place s’affiche partout distribuant même à tour de bras des tee-shirts à leur effigie !!)
Le président proclame qu’il va ramener le calme au Cameroun, par la force si nécessaire. Les responsables pour les éventuels victimes seront « les apprentis sorciers » qui manipulent les masses. Il n’aura pas eu un mot sur les revendications des manifestants, ne parlant d’eux que comme des pilleurs et casseurs.
Inutile de vous dire que son discours passe particulièrement mal auprès des camerounais, l’impression général est qu’au lieu de calmer les gents son discours aura chauffé les esprits. Se que je trouve particulièrement inquiétant, c’est qu’en plus pas un seul dirigeant des opposants n’est interviewé où diffusé.
Jeudi :
Se matin je reprends le travail (inutile de passer une autre journée à l’hôtel pour attendre). Nous sommes seul à nous déplacer en véhicule dans Edéa. Là ou d’habitude c’est la cohue des voitures et motos, maintenant c’est envahie de piétons.
Les nouvelles que Christian me rapporte ne sont des plus rassurantes. Il parle d’émeutiers qui se vengeraient sur les familles des militaires qui tirent sur la foule. Il me raconte que des commissariats se font piller pour récupérer les armes. Vraiment le discours du président n’a pas calmé les esprits !!
Mercredi :
Se matin le consulat fait le point avec nous, ils sont en train de recenser tous les ressortissants extérieur à Douala. Il ne parle pas d’évacuation mais demande quand même nos numéros de téléphone pour nous joindre en cas d’urgence.
Nous apprenons que le consulat de France passe un message en boucle sur RFI, pour que les ressortissants français se fasse connaître.
Nous décidons tous les trois de préparer nos bagages afin d’être prêt au où. De mon coté pas de soucis vue que je devais partir mardi, sauf une grosse valise du boulot que finalement je ramènes à la centrale. (Inutile de me charger de trop avec une valise encombrante et lourde.)
Retour de repas, le consulat nous contact : Une personne partant de Kribi organise un convois de véhicule Français jusqu’à Douala où des militaire Français les attendent. Je saute sur l’occasion il me fallait partir, là j’ai une bonne opportunité. (Depuis Kribi ils sont obligés de passer par Edéa.)
Je prends contact avec Air France histoire d’être sure d’avoir une place dans l’avion (je préfères autant resté à Edéa que me retrouver bloqué à Douala). Après, une heure de tentative j’arrive enfin à joindre Air France à Yaoundé. Heureusement j’ai un billet électronique l’interlocuteur arrive grâce à cela à me réserver une place dans l’avion de se soir.
Je préviens George que je pars donc avec Christian pour la capital, je vois aussi avec lui que par sécurité afin d’être certain de pouvoir faire l’allé et le retour (tant pour Christian que pour moi en cas de soucis) nous prenons un baril d’essence que nous avions mis de coté.
Je retourne donc presto à l’hôtel et emballe rapidement les dernières affaires. Le consulat à prévu que le convoi partirait entre 14h00 et 15h00 de Kribi, cela le fait passer entre 16h00 et 17h00 au péage de Edéa. A 15h00, avec Christian nous nous installons donc dans un petit bar (petit bar au Cameroun c’est un toit en tôle avec 4 pieds et des bancs fait de planches récupéré.) juste en face le péage. Il ne nous reste plus qu’à attendre.
15h40, nous voyons 2 4x4 conduit par des blancs, passer le péage nous regardons derrières une dizaine de véhicules se suivent tous très chargé. Notre convoi est là. Nous ne cherchons pas plus loin, après un simple salut de la main nous nous insérons dedans et en route pour Douala.
La route est particulièrement calme. Un axe particulièrement chargé habituellement est complètement désert aujourd’hui. Avec Christian, nous nous demandons comme nous allons pouvoir faire dans Douala. Pas question que mon chauffeur se retrouve bloqué sans escorte dans Douala, et Christian refuse de me lâcher comme sa dans la capital où ont lieu les émeutes. Nous trouvons un commun accord, d’attendre le contact avec les militaires pour voire. Au pire, s’il n’y a pas de solutions qui nous conviennent nous pouvons toujours retourner à Edéa. La ville étant très tranquille.